Une ville en fête

Février est le mois des carnavals dans le monde entier, en Amérique du sud plus qu’ailleurs assurément. Dans certaines villes c’est même une institution.

Le carnaval de Cajamarca, ville située au nord du Pérou sur les hauts plateaux des Andes  occidentales, existe depuis 1930.

Son édition 2018 a eu lieu du 10 au 14 février dernier.

C’était un Rio sans la samba avec la touche de délire d’un Dunkerque !

La fête a duré quatre jours mais le spectacle avait commencé bien avant avec la présentation et l’élection des reines retransmise sur la chaîne locale.

Ensuite, place au délire !

Le samedi, premier jour, on a fêté la sortie du Ño carnavalon, personnage en papier mâché avec une grosse tête, appelé aussi Rey Momo, symbole du carnaval représentant l’adieu aux mauvaises vibrations et à la morosité. Dans toutes les rues de la ville on asperge les voitures, les passants et ses camarades d’eau et surtout de peinture de toutes les couleurs, entonnant des chansons et jouant de la musique jusque tard dans la nuit, rentrant titubant pour certains.

Le lendemain, ce fut le défilé depuis la place centrale, celui des quartiers de la ville et de tous les villages alentours. Plus de cinq heures de costumes, de paillettes et de liesse populaire sur un parcours de plusieurs kilomètres. Les participants se donnent à fond pour la plus grande joie du public.

Ça c’était le "on" !

Le "off" c’est le spectacle qu’offrait le public.

Des touristes et des habitants de la ville se mêlant joyeusement à l’ambiance. Tous le long des chaises ont été installées par les restaurants et les cafetiers devant leur pas de porte et sur la place se louant pour les plus chères et les mieux placées à 25 soles (six euros). Les vendeurs se suivent et se bousculent proposant des pistolets à eau aux enfants, et des capes en plastique aux parents pour s’en protéger, des chapeaux et des ombrelles, de quoi se restaurer et de quoi se rafraichir et se griser un peu entre amis ou en famille tout au long de ce dimanche ensoleillé. On chante, on houspille ceux qui restent debout devant et qui gênent les autres spectateurs, on court au-devant des artistes pour se prendre en selfie. Un joyeux moment dont les débordements, bon enfant, ont du mal à être maintenus par les policiers présents.

Lundi, second défilé, celui des Reines, des chars, des chevaux et de leurs cavaliers qui a duré toute l’après-midi. L’ambiance de fin de parcours était plutôt humide, pas à cause de la météo mais plutôt de toutes les bombes à eau qui volaient à tout va venant s’écraser un peu n’importe où, et festive de tout l’alcool coulant à flot en attendant que le défilé arrive. On a senti la fatigue des artistes, de ceux qui, à pied en étaient à leur deuxième parcours et plusieurs heures de danse. Les costumes abimés, le défilé décousu par les nombreux arrêts selfies causant parfois plusieurs minutes d’attentes entre deux groupes. Seules les reines, toutes souriantes sur leurs chars n’avaient pas perdu de leur superbe et des policiers d’une unité spéciale, défilant et dansant en uniformes en tête de cortège, ont créé une joyeuse surprise.

Le carnaval s’est clos Mercredi matin, par le cortège funèbre, l’hommage et l’incinération du Rey de la Alegria.

Cajamarca a vécu au rythme de la fête durant ces quatre jours. Les costumes sont maintenant rangés, la peinture nettoyée et chacun a reprit le cours de sa vie des souvenirs plein la tête jusqu’à l’an prochain.